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J’aime amener les élèves dans le boisé délimitant la cour de récréation. Parfois, ils ramassent des feuilles pour nourrir leur herbier. À certaines occasions, l’activité consiste à reconnaître les espèces d’oiseaux qui nichent dans les environs. Il m’arrive de leur demander d’identifier les insectes ou les petites bêtes qui s’amusent dans le sous-bois.

Tresses rousses ou brunes sautillantes; cheveux en chamaille comme un tas de foin; coude ou genou écorché; dent de lait en moins; ongles noircis par les jeux dans la terre : ces intrépides m’émerveillent toujours par leur candeur, leur soif d’apprendre, leur besoin de me faire plaisir et d’être aimés en retour.

Aujourd’hui, j’invite les enfants à explorer leur imaginaire. Ils doivent s’allonger ou s’adosser au pied d’un arbre et observer ce qu’ils voient. Je leur demande de noter trois mots sur leur carnet. De retour en classe, ces mots serviront d’aide-mémoire pour rédiger une courte histoire de trois phrases.

Vos phrases doivent contenir un sujet, un verbe et un complément. Vous pouvez enjoliver votre texte de quelques adjectifs.

La chasse aux arbres débute. Mes élèves, concentrés, répondent aux consignes avec talent. Certains toutefois n’ont pas le sens de l’émerveillement. Je m’appliquerai toute l’année à les stimuler par la lecture et le plaisir de jouer avec les mots.

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La crinière échevelée vole au vent. Mon cheval galope dans le pré. Je suis un cow-boy heureux.

Maman s’inquiète pour son petit garçon. Elle pense qu’il a la rougeole. Mais non, maman, je suis tombé dans un panier de framboises!

 

Je veux être un peintre pour dessiner des belles affaires. Je ferais des feuilles vertes, jaunes pis noires. Pis dans le ciel, il y aurait un oiseau.

 

Je vois des branches. Je vois des feuilles. Je vois des nuages. Pis c’est tout!

 

 

 

 

 

 

Jason se perd en forêt. Il découvre une fronde accrochée à un arbre. Il décide de s’en servir pour se protéger des méchants loups.

Le bonhomme renverse une boîte d’allumettes. Un lutin à trois pattes s’empresse de les ramasser. Crac, des étincelles d’artifice remplissent le ciel.

La fée passe sous une arche en fer. Elle découvre des milliers de feuilles multicolores. Suis-je rendue au pays de l’Automne?

 

Le renne arrive du Pôle Nord. Il se jette dans un lac de feu pour se réchauffer. Pauvre Père Noël, il a perdu son taxi!

 

Le chat s’approche de l’eau. Attention de tomber, c’est froid! Minou se lèche les moustaches de contentement.

Dans mon rêve, il y a un chemin de lumière. Pour le rejoindre, je dois traverser une forêt de ventouses vertes. Le bras crochu d’une sorcière m’emprisonne dans sa barbe moussue.

 

Je grimpe dans l’arbre à guimauve. Je remplis mes bras du fruit délicieux. Je ne sais plus comment redescendre de l’arbre magique.

 

Un gnome sort de sa cachette. En chemin, son chapeau s’accroche à un bouquet de persil. Il devra sauter dans la crème fouettée pour se sortir de ce piège.

On dirait les doigts d’une grand-maman qui tricote un long foulard gris. Peut-être pour les lutins de la forêt. Ou pour ses petits-enfants malades.

La fourmi géante a un œil. Son œil mange les feuilles. Les autres feuilles se déguisent en mini-fourmis.

 

Pendant le repos des sorcières, les balais dansent. Ils nettoient le tapis de feuilles mortes. Pour récompense, ils enfilent des colliers aux teintes de citrouille.

 

Le monstre a croisé ses griffes comme une pince à glace. Il voulait enfermer toute la classe dans ses tentacules. Je me suis déguisé en feuilles pour secourir les élèves prisonniers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La princesse joue de la harpe avec ses longs doigts. Ses notes multicolores s’envolent en flocons de neige. Les enfants admirent la féerie.

 

 

 

 

© Véronique Morel 2019, texte et photos
Photos d’arbres prises au Jardin botanique de Montréal